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Sttellla va « choser » tout seul à Marbehan

Publié le 12 novembre 2009

Jean-Luc Fonck sera à Marbehan, au Bois des Isles, ce samedi 14 novembre pour un concert de Sttellla qui s’annonce d’ores et déjà déluré. Loufoque, l’homme l’est certainement. Cet Arlonais d’origine est aussi un amoureux des mots, un touche à tout. Et à l’occasion de sa nouvelle tournée « One Man Chose », il nous invité à revisiter son univers déjanté et surréaliste. Dans le fond, un bon belge comme on les aime.

Jean-Luc Fonck, enfant du surréalisme à la belge.
Jean-Luc Fonck, enfant du surréalisme à la belge.

Bonjour Jean-Luc, comment allez-vous?

Très bien et toi. Tu peux me tutoyer sais-tu m’fi.

Peux-tu nous dire en quoi consiste ce « One Man Chose »?

Entre les tournées que je fais avec un groupes, j’aime monter seul sur scène. Mais ce fut  rarement le cas en Belgique. Je le fais lorsque je vais au Québec ou quand je tourne en France, par exemple. Lors de cette tournée donc, je suis seul en scène avec un synthétiseur, une guitare et un thérémine – c’est un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé par Léon Theremin, qui donne des sons vraiment particuliers.

Tu assures donc tout, tout seul?

Oui. Enfin, presque. Je suis accompagné de Christian Martin qui assure le mixage. Mais, il ne fait pas que mixer depuis le milieu de la salle. Il est très actif, il joue, il chante, il envoie des sons.

Il n’y a pas d’album lié à la tournée. C’est donc un peu une tournée « best of » de Sttellla?

Nous revisitons une très grande partie du répertoire. En fait, j’ai sélectionné cinquante chansons. Ce n’est évidemment pas possible les jouer toutes. Les morceaux, représentés sur des grosses cartes, sont tirés au sort par quelqu’un que j’ai sélectionné dans le public. Si bien que l’ordre des chansons est tout à fait improbable et surprenant. On n’entend pas forcément Torremolinos, les Tartines ou Années 80 à chaque concert. Comme, autre cas de figure, un concert peut très bien commencer par Torremolinos. Je m’arrête quand un réveil que j’ai remonté en début de concert sonne. Si le public a apprécié, si la personne choisie dans le public a bien tiré au sort, sa place de concert lui est remboursée.

Dis moi, avec Sttellla, ça fait un bail que tu arpentes les scènes. A quand remonte ce projet ?

Au mois de mars 2010, Sttellla aura 35 ans. C’est en effet un des plus vieux projets musicaux en Belgique francophone.

A l’époque, lorsque tu as lancé ce projet, on a dû vous prendre pour un extra-terrestre?

C’est clair que nous sommes arrivés avec une nouvelle manière d’aborder la musique. On proposait du rock rigolo. On était presque les seuls. On nous prenait pour des cinglés, ce qu’on était et qu’on est toujours d’ailleurs. Personne n’a cru que cela pourrait durer, et nous non plus. Comme quoi, tout le monde peut se tromper.

Entre temps, tu as touché un peu à tout, l’écriture, la radio, la télévision…

Oui, j’ai écrit trois recueils de nouvelles et un roman. J’ai fait pas mal de télé, beaucoup de radio. Je suis dernièrement monté sur scène, avec Jacques Mercier. Et je l’accompagnerai encore  le 27 novembre prochain à Marche en Famenne, pour son spectacle « Go Home » dans lequel ses amis viennent à tour de rôle leur rendre visite dans sa maison de repos. Mais mon truc à moi, ça reste de faire des concerts et des albums. Pour le reste, j’accepte de faire ce qui m’amuse uniquement.

Et alors, qu’est-ce qui amuse Jean-Luc Fonck dans la vie de tous les jours ?

Par exemple, j’adore la télévision. Je regarde tout ce qui passe. Je n’ai pas manqué un épisode de Secret Story.

A travers Sttellla, ou même à travers tes livres, tu es quand même parvenu à créer un univers particulier, loufoque, quelque peu étrange, ou du moins à part…

Oui. Tout cet univers est venu petit à petit. Et aujourd’hui, je navigue dedans. Le danger serait que je m’y perde, que je ne parvienne plus à faire la différence entre le rêve et la réalité. Mais quand bien même, en vieillissant, si je n’arrive plus à faire la différence et que je me retrouve à vivre dans cet imaginaire, ce n’est guère dérangeant.

Le nom Sttellla, pour finir, ça vient d’où ?

Cela vient de la bière évidemment. Mais contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas de problème vis-à-vis de la marque et du brasseur. Nous aurions pu continuer à nous appeler Stella sans courir de risque. A partir du moment où il ne peut pas y avoir confusion sur le produit, nous ne courrions pas de risque de procès.

Heureusement d’ailleurs. Mais alors, pourquoi deux « t » et trois « l » ?

C’est toujours la question. Je pense qu’à un moment, au début de ma carrière, nous avions décidé de d’ajouter un « t » ou un « l » à chaque concert. Mais nous nous sommes arrêtés à deux « t » et trois « l ». Sans quoi, ce serait devenu difficile. Tu imagines ce que ça donnerait maintenant.

"J'espère que le plus con est à venir", confie Jean-Luc Fonck. Crédit photo: Magali Bonczijk

"J'espère que le plus con est à venir", confie Jean-Luc Fonck. Crédit photo: Magali Bonczijk

Oui, ce sont les imprimeurs et les concepteurs d’affiches et de pochettes qui seraient contents. Une petite question, juste comme ça, quel est le truc le plus con que aies jamais fait?

Ouf… Tu sais, j’en ai fait des trucs cons. Mais ce que j’espère, c’est que le truc le plus con, je ne l’ai pas encore fait, qu’il reste encore à venir.

Tu es aussi un amoureux acharné de la langue française…

En effet, un véritable amoureux. Je prends un réel plaisir à jouer avec les mots, leurs sens. Tu sais, les mots existent d’une part. Mais, en jouant avec, tu peux trouver le chemin vers un autre univers parallèle qui, je t’assure, existe réellement.

Et comment trouve-t-on ce chemin pour t’y rejoindre ?

Ah ça, c’est à chacun de le trouver, de trouver son deuxième degré. Il y a des choses secrètes que l’on ne peut pas révéler aussi facilement.

Sttellla sera le 14 novembre à Marbehan, au Bois des Isles. Préventes à 16 €. A la caisse, 20 €.  Un organisation festival Generation 80.

Emilie Simon amène sa « Big Machine » à la Rockhal

Publié le 12 novembre 2009

Le dernier album d’Emilie Simon, intitulé « The Big Machine », fait déjà sensation. L’ingénue française se lance dans une tournée européenne et sera à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette le 26 novembre prochain. Un concert qu’elle annonce haut en couleurs, intense et énergique. Comme l’est son album. Avant sa tournée, à quelques heures d’une première date new-yorkaise, Emilie a accepté de répondre à nos questions.

Avec The Big Machine, Emilie livre un album intense et organique.

Avec The Big Machine, Emilie livre un album intense et organique.

Comment décrirais-tu ton dernier album, « The Big Machine » ?

Je dirais que c’est mon album new-yorkais, tout simplement. Même si dans les faits j’ai commencé à l’écrire avant de m’installer aux States, on y retrouve toute l’énergie qui m’a nourrie en étant à New-York.

Je lisais que tu étais partie à New-York pour décompresser…

Oui. Je suis partie en vacances. Pour finir, j’y suis restée plus longtemps que prévu. Cette ville, par son énergie m’a emportée, elle m’a fait beaucoup de bien et j’ai donc décidé d’y rester.

À l’écoute de ton opus, on a l’impression que la gentille Emilie s’est quelque peu dévergondée. Est-ce qu’on se trompe?

Dévergondée?! Peut-être pas. Mais l’album est plus expressif, certainement, que les précédents. J’ai beaucoup écrit avec piano-voix. Je suis partie sur une énergie plus organique. La musique électronique n’est arrivée qu’en fin de production pour apporter des pointes de couleurs aux morceaux. Dans son ensemble, l’album est avant tout, basé sur des arrangements basse-batterie.

On a l’impression, par rapport à tes autres disques que tu t’es lâchée, que ta musique est plus libérée…

Je ne sais pas. Mais peut-être. Ma musique est inspirée par ma vie. Et à ce niveau, ça à pas mal bougé. J’ai déménagé, je suis partie à l’aventure. Il y a beaucoup de choses qui se sont passées. Ces années ont été un peu comme des montagnes russes. Ma musique dépend de ce qui se passe à l’intérieur comme à l’extérieur, de mon état d’esprit. L’important est que ma musique soit en accord avec ce que je ressens.

Emilie Simon sera à la Rockhal ce 26 novembre.

Emilie Simon sera à la Rockhal ce 26 novembre.

Si je ne me trompe pas, cet album a mûri longuement?

Tous mes albums prennent du temps, deux ou trois ans. Je laisse aux morceaux le temps de mûrir. S’il y a tout de même une direction donnée, on ne peut définir l’état d’esprit de l’album que par après, lorsqu’on prend du recul par rapport au travail qui a été fait.

Et cet état d’esprit, justement, comment le résumerais-tu?

Je dirais qu’il est assez libérateur justement, très fun même. Je me suis beaucoup amusée à faire ce disque. J’ai voulu faire de la musique sans me poser de question, sans me demander comment il allait être perçu, en évitant tous ces éléments qui peuvent parasiter l’écriture.

Ce titre, « The Big Machine », a-t-il une signification?

C’est toujours difficile de répondre à cette question. Comme aiment bien l’écrire les journalistes, c’est un clin d’œil à « The Big Apple ». Mais bizarrement, ce titre était déjà présent avant mon déménagement. Il y a plusieurs niveaux de lectures dans ce titre. Je n’aime pas trop en parler et laisser chacun en retirer ce qu’il désire.

Les paroles en français, tu as définitivement laissé tomber?

Non. Mais j’ai écrit cet album en étant immergé ici. J’ai vécu ce que j’avais à vivre en anglais. Les mélodies sont arrivées autour de phrases en anglais. Mais lorsque des phrases en français se sont pointées, je les ai laissées. Je ne m’étais pas donnée de cadre précis.

L'ingénue française a trouvé refuge à New York.

L'ingénue française a trouvé refuge à New York.

Parlons de la scène. À quoi peut-on s’attendre?

Et bien, je suis sur scène avec des musiciens, ceux avec qui j’ai enregistré l’album. Le set s’annonce très énergique, avec des morceaux très intenses. Nous jouons notre premier concert ce soir à New-York. La tournée européenne, elle, commencera le 23 novembre par la Belgique.

Pour que chacun puisse se faire une idées, nous vous invitons à découvrir son site internet et son myspace.

Massive Attack atomise la Rockhal

Publié le 30 octobre 2009

Le duo, 3D et Daddy G, encadré par quelques amis, a bombardé la Rockhal de décibels, emmenant le public au plus profond de sa trip hop.

Martina Topley Bird et 3D. Crédit: Talk2u

Martina Topley Bird et 3D. Crédit: Talk2u

Massive Attack était attendu de pied ferme par une foule qui trépignait littéralement mercredi soir à la Esch-Belval. C’est que le groupe britannique qui a marqué les années 90 ne s’est pas beaucoup fait entendre ces dernières années. Et vu la moyenne d’âge des fans présents, située entre 30 et 40 ans, le groupe aujourd’hui composé de 3D et Daddy G n’a que très peu bercé les oreilles de la jeune génération. Depuis quelques années, les fans de la première heure, sans la moindre galette à se mettre dans les esgourdes, rongaient leur frein

Massive Attack en a encore dans le ventre

Daddy G

Daddy G

La patience de ceux qui était à la Rockhal mercredi a été récompensée. Car Massive Attack n’a pas failli en offrant un show intense prouvant que le groupe, malgré les années, n’a rien perdu de sa superbe. Au contraire, il en a encore dans ventre. Le public a ainsi pu découvrir, après une première partie remarquable assurée par la voix chaude et sensuelle de Martina Topley Bird, un avant goût de l’album à venir du groupe.

Le concert devient réellement explosif sur une interprétation pour le moins tonitruante de « Future Song ». « Teardrop », magistralement interprétée par la nouvelle coqueluche du groupe, Martina Topley Bird qui a prêté sa voix pour plusieurs morceaux, transporte littéralement le public. Autre guest, Horace Andy, avec bonhommie prendra à plusieurs reprises place sur le devant de la scène pour, de sa voix, envouter les public présent.

A l’heure locale, dans la langue nationale

Massive Attack, enchaîne les grands morceaux, emmène le public au plus profond de sa trip hop tout en s’inscrivant au cœur du terroir local. En effet, sur l’écran, dans le fond de la scène, défilent des messages en… luxembourgeois. Véridique !  Sur « Safe of Harm », défilent les traductions de messages de grands hommes de paix à propos de la liberté. Dans un deuxième temps, toujours dans le dialecte national, des messages plus…, euh disons, osés sur la manière dont les autorités luxembourgeoises font fi de la liberté de chacun. Gloups !

3D derrière les machines. Crédit: Talk2u

3D derrière les machines. Crédit: Talk2u

Reste que Massive Attack n’a rien perdu de sa verve, de son groove, de sa musique trippante. Le light-show, impressionnant, facilite le plongeon dans un univers musical aussi chatoyant qu’explosif du groupe. La musique n’a pas vieilli d’un poil, et l’on serait bien avisé de glisser l’un ou l’autre album dans les baladeurs de la jeune génération. Ils devraient s’y retrouver.

« Unfinished sympathy », en rappel, dénote toutefois un peu au regard de la teneur du reste du concert, même s’il fait se trémousser quelques nymphettes particulièrement excitées. On retiendra une atomisante interprétation de « Marakesh » comme véritable final de ce concert. Massive Attack, pour combler un public déjà bienheureux, nous aidera à redescendre sur terre sur le groovy « Karmacoma ».

Reste à compter les rescapés, ceux qui pourront attendre la prochaine attaque en règle. L’attente peut parfois être longue, le choc dur, mais c’est vraiment bon.

Martina Topley Bird, nouvelle coqueluche de Massive Attack. Crédit: Talk2u

Martina Topley Bird, nouvelle coqueluche de Massive Attack. Crédit: Talk2u

A écouter: Martina Topley Bird

Et ici, le lien vers le Myspace de Massive Attack