Frédéric Biren: une nouvelle futuriste et de nombreux projets
Publié le 15 février 2010Voir les œuvres de Frédéric Biren, c’est d’abord ressentir un choc, l’impression de faire un bond dans le futur ou dans un monde parallèle. Et puis, parmi le rouge sang, le bleu électrique et le gris acier, se dégagent des portraits saisissants, d’une grande humanité et d’une grande précision. L’émotion vous gagne : la solitude, la douleur, la fragilité, toute cette palette de sentiments bien humains, on les retrouve avec force dans ses peintures. Surprenant et surtout très prenant.
Son travail est aujourd’hui connu et reconnu. Mais là où certains s’installeraient dans la routine, Frédéric Biren y a vu le moment de donner une nouvelle orientation à son art. Sa première nouvelle illustrée « Plume de Boomerang » en est l’exemple parfait. On y retrouve son univers. On y découvre surtout un auteur à la plume acérée, aux mots tranchants, qui donne à voir l’humain tel qu’il est, à jamais perdu dans ses contradictions, entre son envie éperdue de liberté, d’amour et les limites d’un monde façonné, à jamais emprisonné?
Frédéric Biren, votre première nouvelle illustrée « Plume de Boomerang » donne à découvrir une nouvelle facette de votre art?
Oui, après avoir consacré dix ans à la peinture, aux expositions, l’idée était de me faire plaisir et de mener à bien un projet éditorial, de A à Z: textes, illustrations, mise en page et édition… Je suis graphiste de formation. Par contre, c’était la première fois que je me mettais à l’écriture.
Un petit mot sur l’histoire de Plume de Boomerang ?
Il s’agit d’une histoire d’amour sur fond de conflit nucléaire et de résistance face à un parti totalitaire. Le décor est futuriste. Le fil rouge est une partie d’échecs. Les pessimistes y trouveront la noirceur voulue, les optimistes iront y chercher une petite lueur d’espoir. Je n’ai pas la prétention d’être écrivain. Le texte accompagne mes illustrations, même si j’y beaucoup travaillé sur les mots.
Est-ce facile de coucher des mots sur le papier?
Non. J’ai vraiment dû travailler et retravailler. Je voulais que chaque formule vienne de moi, au risque d’y laissé quelques approximations. J’assume entièrement. Je voulais surtout pouvoir dire que j’étais l’auteur, même si ce n’est pas parfait, plutôt que d’avoir un truc parfait mais dénaturé.
Par ailleurs, je voulais une histoire suffisamment souple et flexible pour permettre au lecteur de s’y retrouver. Pour lui permettre d’en devenir acteur, qu’il s’immerge à son tour dans cet univers futuriste, mais finalement pas si lointain. Et qu’il en retienne ce qu’il veut. Je ne suis pas là pour faire la morale, mais simplement pour dire que rien n’est défini ou définitif. A tout moment, chacun est libre de son destin. Et, si la vie ressemble à une boucle, à un mouvement perpétuel, il est toujours possible de changer le cours des choses, de mettre son petit grain de sable dans l’orbite et de modifier notre histoire.
La préface est signée par CharlElie Couture, un artiste de renommée internationale.
Oui, CharlElie Couture a accepté, avec beaucoup de simplicité et de gentillesse, de signer la préface de « Plume de Boomerang ». J’en suis très fier. L’homme a aujourd’hui tout plaqué. Il vit à New York et se consacre aux arts plastiques: peinture, dessin, sculpture,… (www.charlelie.com). Je l’ai contacté par mail. Il m’a demandé d’envoyer une maquette de mon travail, pour se faire une idée. Trois jours plus tard je recevais son texte. On ne se connaissait ni d’Eve, ni d’Adam et j’ai été « bluffé » par sa sympathie. En retour, je lui ai envoyé l’ouvrage ainsi que son portrait réalisé pour le livre.
Parmi les autres soutiens importants, on peut aussi signaler celui de la province de Luxembourg et du député Philippe Greisch. Il m’a fait confiance dès le départ du projet. Son but est soutenir et de promouvoir la culture. Le livre a été en partie subventionné grâce à son intervention.
D’autres projets à présent?
Beaucoup! En premier lieu, j’aimerais réaliser un court-métrage sur base du livre. Le plus rapidement possible, en sachant que le financement reste la principale pierre d’achoppement. Les équipes techniques sont déjà constituées ou presque. J’ai gardé beaucoup d’amis dans le milieu de la publicité et du graphisme, milieu dans lequel j’ai travaillé plusieurs années. Personnellement, je me forme actuellement au montage, toujours dans l’idée de garder le contrôle sur le produit fini, d’y mettre mon empreinte et de conserver le rythme du livre.
La musique de ce court-métrage est déjà prête aux trois-quarts. J’ai confié sa réalisation à Noé Chalon, un jeune talent prometteur de notre région. Il n’a que 16 ans, mais je suis persuadé qu’on va entendre parler de lui dans les années à venir! Il compose, joue de tous les instruments, mixe et arrange les morceaux,… Un petit tour sur Myspace vous permettra de découvrir son travail.
Outre ce court-métrage, d’autres choses en chantier?
J’aimerais mener à bien d’autres projets, toujours en auto édition. J’ai une bande dessinée en cours, ainsi qu’un roman. Je tente désormais de dissocier le travail d’illustration et le texte. J’essaie avant tout de me faire plaisir, en gardant ma liberté d’expression.
Comment se procurer « Plume de Boomerang »?
Comme je m’occupe aussi de la distribution, il suffit de m’envoyer un mail à l’adresse plumedeboomerang@ymail.com. Il est aussi disponible à la librairie « La Lettre écarlate » à Arlon. Il coûte 30€ + frais postaux.




